L’Afrique, une prison ouverte ?

Depuis des lustres, on a ergoté sur les maux et les retards de l’Afrique en termes de développement, en incriminant fondamentalement l’homme blanc, le colon ; mais on oublie hâtivement le second coupable, à savoir les dirigeants qui acceptent d’être des marionnettes, des vénaux ou des sous-fifres des anciens maîtres.

Jusqu’au XXIe siècle, les mêmes tares politiques se perpétuent, à telle enseigne qu’il est judicieux de se demander si in fine l’Afrique s’est véritablement libérée des griffes de ses anciens maîtres ?

A la problématique de l’immigration, qui explique en partie l’échec des gouvernants à réaliser l’Eldorado chez eux, du fait de la mal gouvernance, est corrélée la question de la sécurité, avec comme conséquence l’installation des bases militaires en Afrique, qui dans l’entendement des gouvernants obtus, ne constituent point des impérialismes, a fortiori une mise sous contrôle à distance de leur souveraineté.

De part en part, cette Afrique est quadrillée telle une immense prison, à cause des ses richesses. Avec le terrorisme, pseudo djihadiste financé et souvent couvé par des puissances économiques, il est fort difficile d’entrevoir la fin de la domination, de l’affranchissement pur et simple de l’Afrique.

Aussi longtemps que l’Afrique regorgera de pétrole, d’uranium, de gaz, de diamant, d’or, de cacao, et autres denrées dont l’Occident a besoin, la prison, c’est-à-dire la domination demeurera toujours béate. Tels des esclaves privés de volonté, les Africains continueront à travailler et enrichir l’occident. Nous n’en avons pour simple preuve : la crise pétrolifère dans le delta du Nigeria qui oppose le MEND, l’Etat fédéral et les firmes internationales telles que Total, Shell, etc. qui exploitent le pétrole sans que les populations locales puissent en bénéficier des retombées de cette exploitation.

Ceci pour dire que les dirigeants à la solde de l’occident travaillent contre les intérêts de leur peuple. Ils se transforment, même démocratiquement élus, en bourreaux, en garde-chiourmes, en dictateurs, rien que pour satisfaire des intérêts étrangers.

Cette forme gouvernance en Afrique est en effet analogue à une « Prison ouverte », où les populations ne sont pas libres d’exploiter et de profiter leurs ressources naturelles et minières. Et comme cette exploitation de l’homme par l’homme ne suffisait pas, c’est la sécurité, qui devient un prétexte pour mieux changer l’emballage de la domination. Etant donné que militairement les Etats en Afrique – même le Nigéria avec sa puissante armée, échoue devant Boko Haram- sont incapables de lutter efficacement contre les terroristes, la stratégie a consisté à ramener en Afrique des bases militaires, à créer sous mandat de l’Onu, ou de l’Union Européenne des Task Force en vue de protéger crûment les zones où les intérêts occidentaux sont les plus exposés aux menaces terroristes.

Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad le Cameroun, la République centrafricaine, la République du Congo, le Gabon la Guinée équatoriale, le Tchad. aujourd’hui est devenu le grand enjeu géostratégique. Un autre repositionnement des puissances occidentales. La Chine et la Russie sont aussi intéressées, et bientôt elles vont aussi installer des bases militaires dans certains Etats africains.

A l’examen, force est de reconnaître avec René Dumont que l’Afrique est encore mal partie. Comment les africains parviendront-ils à être maîtres chez eux, à se libérer des chaines des puissances occidentales ?
La réponse la plus immédiate est d’oser se prendre en charge sans aucune forme d’assistance, d’oser « Travailler ». Tout sera possible en Afrique, sous la houlette de nouveaux dirigeants qui auront au plus haut point l’intérêt de leurs populations. La Libération de l’Afrique pour parler comme Hegel en termes dialectiques, passera par le Travail et la maîtrise des sciences techniques afin de briser les rapports de force et de domination.

Si l’Afrique est devenue une prison ouverte, c’est parce lors de chaque élection présidentielle, les peuples choisissent mal leurs gouvernants. Il faudrait à mon sens retravailler sur critères éthiques et moraux pour accéder au pouvoir en Afrique. Si les africains continuent à se tromper sur leurs hommes politiques en choisissant des dirigeants corrompus et obsédés de pouvoir, l’Eldorado ne sera qu’un vain mot.

J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J’espère vivre assez pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir.

Jean Marc Henry (Expert, Géopolitique ) Dr. Y. Maïga (Criminophilosophe)

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